Philippe Bruneau de Miré (1921-2021)

Philippe Bruneau de Miré

Je ne suis pas membre de sa famille, ni même du monde scientifique auquel il appartenait. Pourtant, la nouvelle de sa disparition me touche en plein coeur.

C’est presque par hasard que nous avons fait connaissance. Passionné par le Sahara, il  était venu visiter, au Crès, le Musée saharien que je venais de créer. Nous avons longuement parlé et nous avons sympathisé. Il y est revenu à plusieurs reprises, malgré les difficultés liées à son grand âge.

Il m’a invité à une de ses conférences au CIRAD, à Montpellier. Il m’a également accueilli chez lui. Il m’avait confié plusieurs de ses livres, que j’ai lus avec passion. Certains d’entre eux sont d’ailleurs toujours en vente au Musée.

Au Cameroun

De la carrière de Monsieur de Miré, je ne savais pas grand-chose, sinon qu’en tant que zoologiste et botaniste, il avait longtemps été membre du Museum d’Histoire Naturelle, puis du CIRAD, justement, ce Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement pour lequel, à Montpellier, il s’était tant investi. Je savais aussi son attachement à la Mauritanie, pays qui me tient fort à cœur, moi aussi.

Dans la Forêt de Fontainebleau.

Plus près de nous, après plus de quarante années passées au Sahara et en Afrique tropicale, Monsieur de Miré s’était engagé pour la sauvegarde de la Forêt de Fontainebleau. Plus près encore, il avait agi pour protéger une région que nous connaissons et aimons tous, la Camargue.

Monsieur de Miré était un savant et un humaniste. Il était aussi un rebelle, comme le montrent ses combats contre certains lobbies dévastateurs de la nature. Une rébellion qui avait commencé tôt puisqu’en 1942, il avait payé d’une interdiction à la Sorbonne son refus du STO, les Service du Travail Obligatoire qui força tant de jeunes Français à aller travailler en Allemagne, pour les usines d’armement.

Bref, Monsieur de Miré était une belle personne. Je suis fier de l’avoir connu. Il ne quittera ni mon cœur, ni le Musée saharien où il a toute sa place.

Bernard Adell, 7 janvier 2021

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